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L’essentiel est de participer.
Trois petits mots universels. Trois petits mots ou chacun peut
trouver son compte. La satisfaction d’avoir été de la fête pour
Le Modeste… la maigre pitance en espérant des jours meilleurs
pour Le Déchu…un rappel à la réalité pour Le Rêveur …Quand au
Besogneux, discret il grignote son pain noir et attend les jours
meilleurs du printemps.
Trois petits mots, que l’on viendra classer au rang des maximes
intemporelles, à l’image des « Rien ne sert de courir il faut
partir à temps », « En toute chose, il faut considérer la fin ».
Trois petits mots qui rappellent à l’essentiel de notre cher
Pierrot, grand rénovateur du sport au début du siècle dernier.
Ce week-end, à Sucy en brie, sur la piste du val de Marne, nous
en avons trouvé de nombreuses applications.
Philippe, à la peine aurait apprécié renouveler son parcours de
Voisins. Mais voilà, les dimanches se suivent et ne se
ressemblent pas, et il devra passer l’hiver du modeste. Paul,
rêveur du jour, la mèche blonde sous le soleil du Val de Marne
nous a rejoué sa partition de cigale. Sautillant de bosse en
bosse, il perd du terrain sur le 4ème et n’ira pas en
demi-finale. Natacha, imperturbable file à son train, du départ
à l’arrivée, et s’en va, tranquille, chercher la coupe du 4ème.
Le sourire aux lèvres elle aborde les événements avec
l’insouciance de ses 6 ans. A l’image de son père, imperturbable
lui aussi, régulier et réaliste face à l’adversité et la
concurrence, mais sur son vélo jusqu’au bout des trois manches,
ce que d’autres par le passé n’ont pas réussi, voire même pas
tenté préférant, la bonne excuse, agiter le drapeau ou aboyer
des numéros le long de la ligne d’arrivée.
L’hiver approche et Pierre le besogneux peut rentrer chez lui
avec l’assurance de jours meilleurs. En âge faible, c’est
maintenant qu’il prépare sa saison prochaine au contact des plus
âgés…et Mathias, dans le rôle du déchu, a franchi la ligne la
larme à l’œil. La part du troisième est moins belle que celle du
vainqueur, il le savait déjà. Pourtant, il a montré aussi qu’il
ne baissait pas les bras même en cas de circonstances
difficiles. Tous ceux là ont laissé au vainqueur la palme et les
honneurs.
Parmi les autres courageux du matin, nous pourrions comprendre
qu’Andréa se lasse de finir avec le vélo d’un autre dans ses
roues. Une fois de plus gêné par un concurrent il goutte la
terre et s’en va finir la journée à l’hôpital. Heureusement, il
ne s’agira que de contusions qui, en plus des bleus aux hanches
contribueront à lui en faire à l‘âme. Il doit commencer à en
souper de la maxime du Baron !! Ayant déjà connu le peps des
finales et des victoires, il préférerait sans doute s’immiscer
dans la bagarre, comme en quart ou un second virage autoritaire
relègue Patrick ETIENNE à la troisième place.
Tout comme JF qui, suite à un accrochage avec JP FAUTRAI,
s’arrête en demi-Cruiser et confirme qu’il ne jouerait pas les
premiers rôles aujourd’hui. La suite nous prouva qu’il faut
parfois chercher ailleurs la grandeur d’âme.
Les pilotes de l’après midi étaient confrontés à leurs
responsabilités. Vincent motivé par l’envie d’intégrer un top
huit qui le fuit encore de peu, devra attendre le printemps
prochain. Pour atteindre ce but il se doit de hausser encore un
peu son niveau pour égaler William et Ludo. Très en jambe au
start tout au long de la journée, le premier va s’attacher à
apprendre à conserver l’avance acquise au départ et le second,
par sa combativité, a retrouvé la piste du renouveau sur cette
épreuve. L’émulation va faire rage chez ces trois garçons,
gageons qu’elle permette à chacun de progresser vers les sommets
du classement régional.
Le guidon à la main
Pendant ce temps, JF se déplaçait avec difficulté. La chute
matinale en cruiser laissait penser à une côte fissurée selon
les secours. La raison aurait dicté de laisser le 20 pouces au
rencard. Mais tant qu’à faire d’être là, il souhaitait se faire
éliminer selon les règles d’usage. Trois manches ? C’est mal
connaître JF qui se met en tête de rappeler à tous que «
l’essentiel est de participer » n’est qu’un vulgaire raccourci
des propos originels du Baron Pierre de Coubertin.
Avec sa côte de
paille, JF utilise son start pour bien se positionner et se
transforme en quadra-gêneur afin d’empêcher ses adversaires de
le passer. Tactique payante jusqu’en finale ou la dernière ligne
droite lui sera fatale. Il terminera 7ème après avoir été
longtemps au pied du podium. Le souffle repris, il s’excusera
dans un murmure d’avoir perdu 3 places dans le final. A le voir,
tête basse quitter la zone d’arrivée, le sentiment premier
d’inutilité et d’orgueil futile cède place au respect de
l’effort et à la beauté du geste.
Les propos tenus
voilà un siècle et ternis par les usages inappropriés reviennent
à la mémoire « L’important aux jeux n’est pas de vaincre, mais
d’y prendre part, car l’essentiel dans la vie n’est pas tant de
conquérir, mais de bien lutter »… L’espace d’une après midi JF
aura redonné à l’adage sa brillance oubliée, le guidon à la
main. |