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Le commentaire de Ronald DUART.....
Philippe MANTION et son équipe ont eu cette année la chance de
voire arriver à terme la seconde manche régionale. Fort
heureusement, d’ailleurs car il aurait été vraiment dommageable
que le sort s’acharne sur eux. L’organisation de Voisins aura
été comme de coutume à la hauteur de l’événement. Les caprices
de la météo nous ayant épargné, les 563 concurrents ont eu le
loisir de se concentrer sur l’épreuve qui les attendait et
notamment sur cette nouvelle première ligne et demie.
La Forge des Clayes
Pour lui donner la forme idoine, la résistance aux temps et aux
sollicitations, le véritable caractère se forge, comme le métal
incandescent, sur l’enclume, à grands coups de marteau, dans la
chaleur du four et la sueur au nez. Sans ce passage obligé par
la pénibilité et la fatigue, la satisfaction d’une victoire,
d’un podium, serait légitime mais éphémère. Aux strass des coups
d’éclat, nous avons toujours préféré l’abnégation, la volonté,
le travail, la persévérance, la durée dans le temps. Une sorte
de marque de fabrique à laquelle les talentueux indolents et les
volontaires déménageurs finissent par se plier pour ensemble
progresser sur les aspects techniques pour ceux-ci et
psychologiques pour ceux-là.
Quoi qu’il en soit, ce management met quelquefois du temps à
produire ses effets. Et l’on sait que ce sport, comme tous les
autres, est fait de trains à ne pas rater si l’on veut
progresser.
A chaque épreuve, le staff échange sur les bonnes dispositions
de l’un sur le talent gâché de l’autre, l’heure du réveil d’un
troisième et cherche à mesurer les progrès réalisés. Il arrive
parfois que, bras ballants, ils baissent pavillon eux aussi face
à une inconstance notoire, une nonchalance chronique, un
désintérêt récurrent pour le travail et la balance entre le
doute et les certitudes finit par pencher du coté sombre.
Il arrive aussi que des signes probants, des faisceaux de
présomptions, nous arrivent de la piste. En général, ils sont
nombreux et viennent en bloc car la dynamique du groupe est
utile à tous. Chacun peut alors se satisfaire de sa prestation,
en termes de progrès ou de constance, et rayonner alentour pour
les autres sportifs du groupe.
A Voisins, ce dimanche, nous avons vu parmi les 31 pilotes
inscrits en compétition de nombreuses attitudes nouvelles. Voici
les plus frappantes.
De nombreuses fois nous avions remarqué l’indolence de Blakie,
reproché aussi, quelquefois, sur de grosses échéances notamment.
Hier, alors qu’il se débattait bon dernier à l’attaque du second
virage, ses adversaires habitués à le voir lâcher l’affaire en
si mauvaise posture ont ravalé leurs sarcasmes en le voyant
prendre le dessus et finir sur le podium. Volontaire et engagé
jusqu’à l’arrivée synonyme de podium.
Rappelez vous White, qui se baladait l’année dernière en cadet
pour ne se concentrer quasiment que sur le dernier tour. Il
emprunte dorénavant le chemin du besogneux pour sortir des
manches Elite régionale et se battre sur chaque start, chaque
accélé, chaque saut. Une révolution qui lui permettra sans doute
d’aborder les grosses échéances non plus avec la motivation de
l’insouciance, mauvaise conseillère en général, mais avec celle
du combattant.
Hier, parmi nos 31 pilotes engagés, les exemples de conviction
et d’envie furent nombreux. Des petits aux plus grands. Si les
portes de la finale ne se sont pas ouvertes à tous et les
résultats bruts en apparence moins brillant, on sait noter la
progression de chacun.
On saluera ainsi la persévérance de Philippe qui passe les
manches pour la première fois et doit être déjà impatient
d’aller dans 15 jours à Sucy en Brie redécouvrir à nouveau le
plaisir des phases à élimination directe.
Les 2 Paul (H et G, à qui il faudra trouver des surnoms pour les
distinguer) sont de ceux qui ne sont pas encore sorti du bois et
doivent enrager de n’avoir comme seule satisfaction, que
d’apprendre la patience. Tout comme Antoine et Timothée ils
tenteront de franchir le tour suivant lors des prochaines
épreuves.
Marine et Pierre ont progressé d’un tour. Lui se rapproche de la
finale, elle s’éloigne des manches, face à des gaillards de 15
et 16 ans, ce n’est pas rien. Vincent devrait prochainement
décrocher le pompon et William vient grossir le palmarès du Team
ALARASH d’une finale supplémentaire. Le voilà qui s’installe
dans le top 8.
Après une année galère en Elite régionale, Christophe a choisi
de se recentrer sur la catégorie 17-24. Bonne idée, le voilà
dans le top 8 avec une copie propre à lui redonner des couleurs.
Les trentenaires rugissants
Entourés d’une armada de jeunes aux dents longues, les
trentenaires n’ont pas dit leur dernier mot. A l’image du duel
que se sont livrés Samy et Ronald en demi finale, coude à coude
sur un bon tiers de la piste pour accéder au dernier tour. Ce
Mano à mano pour le 8ème couloir peut paraître désuet ? Un
baroud d’honneur pour rider vieillissant ? Détrompez vous ! Il a
fait rendre les armes à un Tony revigoré, serré par ses deux
aînés en fin de première ligne et a été salué par le speaker du
jour. Une belle passe d’arme qui a ravit spectateurs et
protagonistes.
Les fleurs du bal
C’est à la fin du bal qu’on paie les musiciens. Soit ! 3
partitions sans fausses notes, acquises au jarret, en puissance
ou en stratégie, ont été remises ce dimanche.
Mathias qui sort d’une belle empoignade avec Sely PIERI et file
vers la victoire en prenant la tête de course à l’issue du
premier virage. Le petit bourguignon qui l’avait privé de
victoire il y a 15 jours n’est pas revenu à Voisins et Mathias
n’a pas laissé passer l’aubaine de cueillir sa première
victoire.
Alexandre, en Cruiser, aura su patienter et faire parler sa
vitesse de passage en piste pour prendre l’avantage sur Patrick
ETIENNE dans la dernière ligne. Une stratégie qu’il aurait
souhaité reproduire en 20 pouces. Ils étaient 2 à vouloir la
corde dans le second virage et ils nous ont joué la partition d’
« A la Fortune du Saut ». En général cela finit par un accord de
sol.
David, un peu déçu de sa victoire facile de Massy a vu arriver
d’un bon œil une concurrence plus sévère à Voisins. Il lui aura
fallu fournir un gros effort pour contenir ses adversaires et
paraissait sérieusement fatigué à l’arrivée. Fatigué mais
soulagé d’avoir atteint son objectif après une chute malheureuse
en finale cruiser le matin.
Trois victoires qui sonnent bon. Nous n’en avions enregistré
aucune l’année dernière.
Itinéraire d’un enfant pas gâté
Au milieu du groupe, un peu noyé dans la foule, un pilote,
nouveau revenu aux Clayes, aura remis les pieds sur les pédales
d’un BMX en course et par la même les pendules à l’heure avec
une Dame Fortune qui l’avait un peu oublié.
Rappelons son itinéraire.
16 Septembre 07 : Coupe de France à Trégueux ; finaliste
30 Septembre 07 : 1ère manche IdF ; fracture de la clavicule
6 Mars 08 : stage de ski à La Clusaz ; Fracture du petit doigt
11 Mai 08 : 5ème manche IdF : victoire
17 Mai 08 : Coupe de France à La Chapelle : Fracture tibia
péroné.
4 Octobre 09 : Voisin ; finale Cruiser, ½ finale 20 pouces.
Le retour d’Andréa GAUTRET donne à tous l’occasion de réfléchir
sur la notion de chance et de malchance, de passage à vide et de
traversée du désert. Près de 2 ans après le débuts de ses
déboires il remonte sur un vélo et signe son retour d’un
résultat plus que probant. Il lui reste maintenant le plus dur à
reconquérir : la confiance et la vélocité, par l’abnégation, la
volonté, le travail, la persévérance, la durée dans le temps.
Comme un retour à la forge d’une pièce brisée qu’il va
reconstruire dans la chaleur du four et la sueur au nez. |