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Têtu....
Dans le genre
têtu, il faut bien reconnaître que nous avons aux Clayes
quelques spécimens de tout premier plan. Têtus et obstinés, mais
aussi respectueux des règles, même si celles ci ne les
avantagent pas. Ainsi, JF, qui milite avec de nombreux pilotes
de son âge pour la création d’une catégorie 45 et +, à l’image
de ce que les instances européennes ont fait voilà deux saisons
déjà, n’a jusqu’à présent pas réussi à se faire entendre de la
Commission Nationale malgré une argumentation solide et étayée.
Il semble que les vieux n’intéressent que modérément les
dirigeants du BMX français obligeant ainsi nos plus anciens à se
mesurer avec des « petits jeunes » qui leur rendent 10 ans d’âge
et bénéficient parfois de 20 ans d’expérience en plus. Autant
dire mission impossible ? Que nenni !
Imaginez un pilote qui aurait fait 6 et 7 lors de ses deux
premières manches. Combien laisseraient alors tomber les bras
pour se lancer en troisième manche sans l’espoir ni la volonté
de jouer leur va-tout ? Combien ? Nous en connaissons tous qui
se vantent d’un certain talent et qui dans l’adversité se
dégonflent comme une baudruche. Les entraîneurs, les dirigeants
passent leur temps à leur expliquer que c’est toujours possible.
Samedi matin, alors que les « Vét » venaient de terminer leurs
manches, dans l’indifférence générale, la rumeur a fusé bon
train dans les paddocks et les tribunes. D’une caté qui
intéresse peu les instances prêtes sans doute à en sonner le
glas, est venu le symbole même que l’on a toujours raison de se
battre et de croire en ses chances. Une fois de plus, l’Ancien
des Clayes a fait taire les médisants. 4ème avec 17 points ! Les
incrédules en sont encore à se demander si c’est possible. Le
secrétariat à du s’y prendre à 2 fois avant de valider le
résultat final et d’envoyer à l’affichage la liste des quarts de
finale.
Faites bien vos comptes, 6,7 et 4. Au bénéfice de la troisième
manche ? C’est vrai ! En bénéficiant de la chute de Marc SOENEN
? C’est vrai ! Mais qui d’autre que JF pour croire encore que sa
troisième mise en grille ne serait pas sa mise en bière du jour.
Et que dire de son 1/4 ou son adversaire de 10 ans son cadet, ne
prononça son élimination que sur le dernier obstacle. Donnant
ainsi à l’un des plus emblématique représentant de cette caté
délaissée la joie de quitter l’arène sans une tache, en
n’emportant avec lui que son panache. La belle leçon que voilà !
Le vieux guerrier est encore debout !
Le week-end s’annonçait bien. La journée du samedi fût
d’ailleurs marquée par une autre performance du même tonneau.
Venu à Caen sans repère pour cause de blessure aux ligaments du
genou, Ronald se fixait un objectif raisonnable : faire le
métier lorsque l’on n’est pas au mieux afin de préserver ses
chances de qualif pour la Norvège. Au fil des tours, il a sans
cesse revu à la hausse ses objectifs du jour, pour finir, comme
c’est curieux, en finale à jouer la victoire. Un podium est
toujours bon à prendre en cruiser, premier repère avant
d’aborder le dimanche la véritable explication en 20 pouces où
le plateau s’était brusquement densifié.
D’autant qu’entre temps, le frangin sortait du bois en 25-29
ans. Du haut de la butte de départ, Ronald voyait son frère
gagner sa place en finale lors d’un second virage ou il vint
s’imposer avec autorité sur le 4ème. Si David est un expert pour
déceler les trous de souris et s’y imposer, Ronald présente une
disposition toute particulière pour sortir le bon start au bon
moment. Quoi de mieux qu’une demi finale ? Aussitôt dit aussitôt
fait. Watch the gate…et Ronald et second en bas de butte.
L’affaire est dans le sac.
Une fois encore ces deux là permettent au club de glaner un
podium et deux finales, soit les trois quarts de notre moisson.
En effet, Ludo, après avoir longtemps erré dans le ventre mou du
classement a enfin retrouvé les clefs de la grille. Ce qui
change tout en matière de résultat. Après avoir failli passer à
la trappe en 1/8ème il se rappelle aux bons souvenirs de ses
petits copains et s’en va tout droit décrocher sa première
finale depuis …
Pour se remettre sur des rails qu’il occupait avec brio il y a
deux ans il ne lui reste plus qu’à transformer ce bon résultat
en motivation. Son large sourire à son retour du parc pilote et
les chaleureuses félicitations des coachs témoignent du grand
bol d’oxygène qu’il est venu prendre à Caen.
Lorsque Timothée franchit les portes du Palais des expositions
de Caen, un univers nouveau s’étale devant ses yeux. Hagard tout
d’abord il s’assoit afin de prendre la mesure de l’enceinte
vivant au rythme d’une fourmilière. Les courses du samedi et
notamment le Supercross Cadet indiquent d’emblée le niveau de la
compétition. Et passer d’un championnat régional, même d’un
certain niveau à un Indoor reste une marche importante à
franchir.
Ayant gagné le droit d’être là en se qualifiant pour le
Challenge de France l’année passée, il aurait été dommage de ne
pas vivre cette aventure en compagnie de ses camarades de club.
Le résultat de ses manches est un épiphénomène. Il s’est trouvé
tout au long de se trois tours un adversaire avec lequel il
s’est battu. En prenant un avantage certain en première ligne,
qu’il défendit sur les deux doubles et dans le second virage,
becs et ongles, jusqu’à la glissade, Timothée aura joué sa carte
avec ses moyens. S’investir pour un résultat, fût-il symbolique,
dans l’anonymat des manches, peut paraître futile. Dans le petit
monde du BMX cette lutte a du passer inaperçu. Pour Timothée,
noyé dans la masse, elle a été la raison de sa présence à Caen. |